Protéger le français : les travers du PL8
Les auteurs estiment que le nouveau projet de loi linguistique du Québec risque de nuire à la fois à son économie et à la langue française qu'il prétend défendre.
Le projet de loi 8Le projet de loi récemment déposé à l’Assemblée nationale du Québec, qui restreint l’accès à la formation professionnelle et à l’éducation des adultes dans le système anglophone, menace notre économie déjà fragile. Il pourrait aussi, à notre avis, compromettre la primauté du français, que ce projet de loi est censé protéger.
Ses partisans affirment qu'elle vise à combler une lacune du projet de loi 101 en appliquant aux adultes des règles linguistiques similaires à celles utilisées pour les jeunes. Le gouvernement, quant à lui, y voit un moyen détourné d'accéder à l'enseignement de l'anglais, ce qui favoriserait ensuite son utilisation au travail et dans la vie sociale.
Mais cette hypothèse repose sur un postulat erroné. Ces programmes s'adressent à des milliers d'adultes qui apprennent le français grâce à des cours, des stages en milieu professionnel francophone et l'acquisition d'un vocabulaire spécialisé lié à leur future profession, afin de mieux s'intégrer au marché du travail.
Ce projet de loi risque également d'exacerber les difficultés économiques du Québec, alors que la province est déjà confrontée à un ralentissement de la croissance, à des pressions commerciales de la part des États-Unis et à d'importantes pénuries de main-d'œuvre dans des secteurs clés tels que la santé, la construction, les métiers spécialisés et l'éducation de la petite enfance.