Voix anglaises négligées
Alors que la campagne électorale provinciale du Québec entre dans sa dernière ligne droite, de nombreux Québécois anglophones se posent une question fondamentale : quelle est notre place ?
Après huit ans de gouvernement de la CAQ, les préoccupations se sont accumulées concernant la législation linguistique, l'accès aux services publics en anglais et les mesures touchant les cégeps, les universités et autres institutions communautaires anglophones. Durant cette élection, ces préoccupations ont été exacerbées par l'envoi de tracts électoraux exclusivement en français, les restrictions sur l'utilisation de l'anglais dans les bureaux de vote, l'absence d'un débat des chefs en anglais et le peu d'engagement des partis politiques envers les questions soulevées directement par la communauté.
Dans le même temps, la possibilité d’un gouvernement du Parti Québécois et la reprise des discussions sur un autre référendum concernant la souveraineté du Québec soulèvent des questions quant à ce que les prochaines années pourraient signifier pour les Québécois anglophones et leurs institutions.
Pourtant, les électeurs anglophones ne se définissent pas uniquement par des questions linguistiques. Ils partagent bon nombre des mêmes préoccupations que les Québécois en général – en matière de santé, d’éducation, d’accessibilité financière et d’économie – tout en réclamant la reconnaissance de leurs réalités particulières et une participation significative aux décisions qui les concernent.
De génération en génération, une question revient sans cesse : les Québécois anglophones sont-ils entendus, pris en compte et inclus dans le débat politique québécois ? Alors que les Québécois décident de l’avenir de leur province, nombreux sont ceux, au sein de cette communauté d’environ 1.8 million d’habitants, qui s’interrogent sur leur place au sein de celle-ci.