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8 octobre 2025

Santé

Justice et droits

Cette section sur l’accès aux soins de santé en anglais donne un aperçu de la manière dont les anglophones peuvent naviguer dans les soins de santé au Québec.

Note au lecteur : Le projet de loi 15 a introduit une réforme d'envergure du système de santé ; certains changements sont expliqués ici. Cependant, de nombreux sites web gouvernementaux et d'établissements de santé n'ont pas encore été mis à jour et pourraient encore faire référence à des lois ou à une terminologie désuètes pendant cette période de transition.

Partie 1 : Obtenir des soins de santé au Québec en anglais

La partie 1 donne un bref aperçu du système de santé au Québec (RAMQ, assurance maladie, dossiers médicaux) et explique l’accès à des interprètes en anglais dans le cas où un professionnel de la santé ne serait pas en mesure de fournir des services en anglais.

Les bases des soins de santé au Québec

Assurance maladie du Québec

Le régime d'assurance maladie du Québec, géré par la RAMQ, donne aux Québécois accès à des services de santé et des services sociaux gratuits. Il couvre la quasi-totalité des soins médicaux nécessaires. Les personnes nées au Québec sont automatiquement inscrites à l'assurance maladie si leurs parents étaient admissibles à la naissance. Sinon, vous pourriez être admissible en tant que « Personne établie au Québec » ou « Personne en séjour temporaire au Québec ». Vous trouverez plus d'informations sur l'obtention d'une carte d'assurance maladie. ici.

Pour les problèmes de santé non urgents, les médecins de famille assurent généralement le premier niveau de soins. Ils peuvent vous soigner eux-mêmes ou vous orienter vers un spécialiste. Si vous n'avez pas de médecin de famille, vous pouvez vous inscrire sur la liste d'attente provinciale : Recherche de médecin de famille au Québec (formulaire disponible en anglais). En attendant qu'un médecin de famille vous soit assigné, vous pouvez appeler Info-Santé 811 pour obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste.

Les soins de santé privés existent également au Québec, bien qu'ils ne soient pas couverts par le régime d'assurance maladie provincial et doivent être payés par le patient.

Assurance publique des médicaments

Au Québec, vous pouvez être couvert par un régime privé d’assurance médicaments ou un régime privé d’assurance médicaments. Vous pouvez accéder au régime public d’assurance médicaments si vous remplissez l’une des conditions suivantes :

  • Vous n’avez pas de régime privé d’assurance médicaments (par exemple, par l’intermédiaire de votre employeur) ;
  • Vous avez 65 ans ou plus;
  • Vous recevez une aide financière du gouvernement; ou
  • Les enfants d'une personne couverte par le régime public sont admissibles, tout comme les enfants qui résident au Québec depuis plus de six mois.

Vous trouverez plus d'informations sur le site Web de la RAMQici (disponible en anglais).

Dossier médical et accès à vos informations de santé

Votre dossier médical contient des informations personnelles auxquelles vous avez le droit d'accéder. Vous pouvez accéder à certaines de vos informations médicales en ligne via Carnet Santé Québec (Carnet santé Québec). Ce portail vous permet de consulter vos ordonnances de médicaments et vos résultats d'examens médicaux. Si vous ne trouvez pas l'information recherchée sur le portail en ligne ou si vous souhaitez corriger des renseignements dans votre dossier médical, vous pouvez soumettre une demande gratuite à l'établissement. Ici voici une explication d'Éducaloi sur la façon de réaliser ce processus.

Ce qui suit explique les règles d’accès au dossier médical d’un enfant :

  • Toute personne âgée de plus de 14 ans a le droit d’accéder à son propre dossier médical.
  • Les parents ont le droit d’accéder au dossier médical de leur enfant de moins de 14 ans.
  • Pour un enfant âgé de 14 à 18 ans, les parents ne sont pas autorisés à accéder au dossier médical de cet enfant si l'enfant refuse d'accorder l'accès ou si l'établissement détermine que l'accès parental pourrait avoir un effet négatif sur la santé de l'enfant.

Accès à des interprètes anglais-français

La politique du ministère de la Santé et des Services sociaux prévoit la disponibilité d'interprètes dans tous les établissements de santé du Québec, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, partout dans la province. Ces services sont gratuits pour le patient. Cette option peut aider les anglophones qui recherchent des services dans un établissement désigné où le service demandé n'est pas disponible en anglais.

Dès janvier 2025, une nouvelle plateforme centralisée pour les interprètes en santé au Québec répertorie l'anglais comme l'une des langues proposéesLes patients peuvent également communiquer avec leur établissement pour avoir accès à un interprète.

En pratique, une étude menée par le Projet Accès à la justice du QCGN (maintenant TALQ) a révélé que de nombreux établissements considèrent que les services d'interprétation ne sont accessibles qu'aux personnes ne parlant ni l'anglais ni le français. Les patients anglophones qui souhaitent obtenir des services d'interprétation doivent communiquer avec leur établissement pour avoir recours aux services de la Banque d'interprètes du RSSS.

 

Partie 2 : Droit d'obtenir des services de santé et des services sociaux en anglais

Le droit d'accès aux soins de santé en anglais

Les Québécois anglophones ont le droit d’accéder aux services de santé et aux services sociaux en anglais au Québec. L'article 18 de la Loi sur la gouvernance du système de santé et de services sociaux (AGHSSS) décrit les droits des usagers anglophones et les responsabilités des établissements en ce qui concerne les services offerts aux patients anglophones (avant l'adoption du projet de loi 15, ce droit se trouvait à l'article 15 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (AHSSS)). Cette section reconnaît largement le droit de recevoir des services de santé et des services sociaux en anglais.

Un service accessible en anglais est défini comme un service fourni en anglais dans un délai raisonnable après avoir été demandé. La personne anglophone est définie comme une personne qui, dans ses relations avec un établissement qui dispense des services de santé ou des services sociaux, se sent plus à l’aise de s’exprimer et de recevoir des services en anglais.Toute personne qui est plus à l’aise en anglais a ce droit – elle n’a pas besoin d’être éligible à une scolarité en anglais.

Limitations du droit aux soins de santé en anglais

Cependant, le droit aux soins de santé en anglais n'est pas absolu. Ce droit est soumis à : (1) l'étendue du programme d'accès ; et (2) la structure organisationnelle et les ressources humaines, matérielles et financières des établissements dispensant les services. Ainsi, les établissements disposent d'un large pouvoir discrétionnaire pour limiter les services offerts en anglais en fonction des ressources disponibles.

1. Différents niveaux de services en anglais : établissements désignés ou programmes d'accès

Différentes institutions ou établissements offrent différents niveaux de service en anglais.

  • Établissements désignés fournissent tous leurs services de santé et leurs services sociaux en anglais et en français – ce sont des établissements « désignés » comme établissement bilingue en vertu de l’article 29.1 de la Charte de la langue française (CLF).
  • Institutions indiquées, par contre, n'offrent que certains services en anglais. Ces services sont répertoriés dans un programme d'accès. Ce programme doit garantir à tous un accès équitable à des services en anglais de même qualité que ceux offerts aux usagers francophones.

2. Structure organisationnelle et limitations des ressources

Le fait qu'un établissement soit « désigné » ou « indiqué » et doive offrir la totalité ou une partie de ses services en anglais ne confère toutefois pas aux patients anglophones un droit absolu à recevoir ces services dans leur langue. Ce droit est tempéré par les articles 16 et 18 de la LSSSS (anciennement articles 13 et 15 de la LSSSS).

En effet, l'offre de services en anglais doit tenir compte de l'organisation et des ressources humaines, matérielles et financières des établissements qui les dispensent. Ce droit ne protège pas les anglophones des contraintes de ressources et de personnel qui touchent l'ensemble du système de santé. Par conséquent, un établissement ne violera pas ce droit s'il ne fournit pas de services de santé en anglais s'il manque de personnel anglophone ou de documents en anglais, ou si la prestation de ces services est trop coûteuse.

Cette limitation est particulièrement pertinente pour les établissements indiqués. Comme seuls certains services sont offerts en anglais, ces établissements disposent de moins de ressources dédiées aux anglophones (par exemple, il serait plus difficile pour un établissement de justifier le coût de la documentation en anglais ou la nécessité d'un personnel bilingue s'il accueille moins de patients anglophones).

Exceptions en vertu de la Charte de la langue française (LFC)

La LCF prévoit deux exceptions à la règle générale selon laquelle les services doivent être offerts en français, dans le contexte des services de santé et des services sociaux. Ces exceptions peuvent bénéficier aux anglophones.

  1. Premièrement, les documents déposés au dossier clinique peuvent être rédigés en français ou en anglais, selon ce que détermine la personne qui rédige les documents.
  2. Deuxièmement, des préoccupations en matière de santé et de sécurité publique – c'est-à-dire des situations mettant en cause les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne – pourraient justifier une exception aux exigences en matière de français pour les communications en ligne prévues par la LCF et le projet de loi 96. On pourrait soutenir que le gouvernement peut déroger à ces exigences dans des situations d'urgence, comme la pandémie de COVID-19. En effet, la LCF prévoit une exception permettant à l'administration d'utiliser une langue autre que le français si cela est nécessaire pour des raisons de santé et de sécurité publique.

 

Partie 3 : Comités de surveillance et plaintes

Plaintes

Si vous estimez que vos droits n’ont pas été respectés, notamment le droit d’obtenir des services de santé en anglais, vous pouvez déposer une plainte.

Les plaintes peuvent être déposées auprès du commissaire aux plaintes et à la qualité des services de l'établissement. Ce processus est confidentiel et peut être interrompu à tout moment. Le commissaire examinera votre plainte. Tout au long de ce processus, vous pourrez être accompagné par un membre du comité des usagers de l'établissement ou par une personne du centre d'aide et de soutien aux plaintes de votre région.

Si vous n'êtes pas satisfait du résultat du processus de plainte de première instance auprès du commissaire, vous pouvez déposer une plainte de deuxième niveau auprès de l'ombudsman, qui examinera votre plainte et vous répondra dans les 60 jours ouvrables.

Un guide sur la façon de déposer une plainte, ainsi que des ressources supplémentaires et des coordonnées, sont disponibles ici sur le site Web du gouvernement du Québec : Le système d'examen des plaintes du réseau de la santé et des services sociaux.

Comités

Le Comité provincial pour la prestation des services de santé et des services sociaux en langue anglaise (CPSSA) est chargé de donner son avis au ministre de la Santé sur l'accessibilité et la prestation des services de santé et des services sociaux en anglais. Ses membres peuvent tenir des consultations, solliciter des avis et entendre les demandes de personnes ou d'organismes. Ce comité conseille également le gouvernement sur les programmes d'accès. Pour contacter le CPSSA, veuillez trouver ses coordonnées. ici. Le nom de ce comité a été changé pour « comité national » jusqu’au projet de loi 15 (voir art. 416), mais ce changement n’est pas encore reflété sur tous les sites Web.

En plus d'un comité provincial, plusieurs comités régionaux anglophones donnent leur avis sur le programme d'accès de Santé Québec, l'évaluent et suggèrent des modifications. Ces comités doivent être composés de 7 à 11 membres représentatifs des anglophones de la région.

 

Partie 4 : Disparités régionales et soins aux personnes âgées

Deux populations peuvent être confrontées à des défis particuliers pour accéder aux soins de santé en anglais : les personnes vivant dans des régions éloignées et les personnes âgées.

Disparités régionales

La plupart des établissements désignés, qui offrent tous leurs services en anglais, sont concentrés dans la région de Montréal (voir annexe). Les Québécois anglophones des régions ont un accès plus limité aux soins de santé en anglais. La langue constitue un fardeau supplémentaire en région, où la distance et la disponibilité réduite des spécialistes rendent déjà l'accès aux soins plus difficile.

Le gouvernement estime qu'un certain pourcentage d'anglophones est nécessaire dans une région donnée pour justifier l'affectation de ressources à la prestation de services de santé et de services sociaux en anglais. Dans les régions où la population anglophone est moins nombreuse, le gouvernement peut juger que ce nombre est insuffisant pour justifier la présence d'établissements désignés ou la prestation de services particuliers en anglais. Il s'agit de la restriction au droit d'obtenir des soins de santé en anglais en vertu de l'article 18 de la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

En vertu des réformes du projet de loi 15, les établissements conserveront leur reconnaissance à titre d'« établissements offrant des services en anglais », conformément à l'article 29.1 de la LFC, sous certaines conditions. Cependant, Santé Québec aura désormais le pouvoir de retirer cette reconnaissance s'ils n'offrent pas la majorité de leurs services en anglais (voir les articles 1518 et 1519 du projet de loi 15). Ainsi, le risque que les établissements de santé perdent leur désignation est particulièrement élevé en région. De plus, les données qui serviront à définir une « majorité » demeurent floues.

Nos seniors

Les personnes âgées anglophones sont particulièrement exposées au manque d'accès aux soins de santé. Les personnes anglophones de plus de 65 ans sont plus susceptibles d'être unilingues que bilingues. Elles sont plus susceptibles d'avoir des problèmes de mobilité, ce qui complique leurs déplacements si les services anglophones sont plus éloignés. Elles sont également plus susceptibles d'avoir besoin de soins de santé. La langue est un facteur de vulnérabilité supplémentaire, difficile à modifier.

Le besoin le plus important en matière de soins de santé pour les personnes âgées, notamment dans le contexte du vieillissement de la population, réside dans un meilleur accès aux soins à domicile. La demande de services à domicile devrait augmenter au cours des prochaines années. Un sondage a révélé que seulement 18 % des personnes âgées anglophones et de leurs aidants estiment que la disponibilité des services de soins à domicile en anglais est très bonne, et seulement 20 % jugent la qualité de ces services comme très bonne. Les raisons de cette insatisfaction incluent : les longues listes d’attente (23 %), le manque de services (17 %), le manque de personnel (16 %) et la difficulté d’accès aux services (15 %). Il s’agit déjà d’un domaine dans lequel les personnes âgées sont confrontées à d’importantes barrières linguistiques, en raison, par exemple, du transfert des services vers des organismes non soumis aux mêmes réglementations linguistiques et du roulement élevé du personnel infirmier.Lire le rapport de l'AJEQ sur les soins aux aînés en anglais pour des recherches approfondies sur ces défis.

 

Partie 5 : Structure de l'accès aux soins de santé en anglais : le projet de loi 15 et Santé Québec

Réformes structurelles

Avant le projet de loi 15, le ministère de la Santé et des Services sociaux supervisait un réseau de centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS ou CIUSSS), chacun administrant les services de santé et les services sociaux dans une région donnée du Québec. Chaque CISSS ou CIUSSS était désigné ou indiqué, c'est-à-dire qu'il devait soit offrir tous ses services en anglais, soit disposer d'un programme d'accès précisant lesquels de ses services étaient disponibles en anglais.

Désormais, en vertu des réformes du projet de loi 15, chaque CISSS et CIUSSS sera intégré à une seule entité provinciale : Santé Québec. Cette entité centralisée contrôlera l’administration des services de santé et des services sociaux pour l’ensemble de la province. L’objectif principal est d’accroître l’efficacité du système de santé public. Santé Québec gérera le volet opérationnel, tandis que le ministère de la Santé et des Services sociaux se concentrera sur la planification stratégique. La réforme rétablira également des centaines de postes de direction qui avaient été supprimés lors des réformes précédentes de 2015.

Effet sur l'accès aux soins de santé pour les Québécois anglophones

Le projet de loi 15 a réaffirmé le droit d'obtenir des services de santé et des services sociaux en anglais, avec les mêmes restrictions qu'auparavant. Cependant, les changements apportés au système de santé pourraient avoir des répercussions indirectes sur l'accès aux soins de santé des Québécois d'expression anglaise.

L'impact potentiel de ce projet de loi sur la communauté anglophone est une préoccupation depuis son introduction. TALQ (anciennement QCGN), en tant que représentant de cette communauté, a présenté une pétition à l'Assemblée nationale demandant des consultations supplémentaires et des amendements au projet de loi 15 de préserver la proximité des services de santé et des services sociaux avec la communauté, y compris en langue anglaise.

Établissements de santé désignés de langue anglaise

Les établissements déjà désignés comme établissements anglophones – c'est-à-dire offrant tous leurs services en anglais – conserveront cette reconnaissance. Pour la liste complète de ces établissements et installations, voir l'annexe ci-dessous.

Programmes d'accès

Le système de programmes d'accès sera modifié. Santé Québec créera un programme d'accès unique, au lieu que chaque établissement crée le sien (art. 415). Ce programme identifiera les services offerts en anglais dans chaque établissement. Ce programme devra être approuvé par le gouvernement et révisé tous les cinq ans.

On ne sait pas exactement comment ce changement sera mis en œuvre concrètement, mais la communauté anglophone craint qu'une prise de décision plus centralisée ne réponde moins bien aux besoins locaux. Cette préoccupation est particulièrement présente dans les régions où la population anglophone est moins nombreuse, notamment à l'extérieur de Montréal. On craint qu'avec la centralisation, la langue majoritaire ne se voie accorder un poids disproportionné dans la prise de décision, au détriment des besoins linguistiques minoritaires.

Nouveau pouvoir pour retirer la reconnaissance

En vertu des réformes du projet de loi 15, Santé Québec est habilité à retirer la reconnaissance d'un établissement de santé anglophone en vertu de l'article 29.1 de la LCF. Ce pouvoir menace de déstabiliser l'accès aux soins de santé en anglais. La principale condition est que la désignation puisse être retirée si la population desservie par l'établissement ne comprend pas une majorité d'anglophones. La façon dont cette décision sera prise reste incertaine, mais elle constitue une préoccupation dans les régions où la population anglophone est moins nombreuse. En réponse à ces préoccupations, un amendement a ajouté une condition au retrait du statut bilingue : l'approbation du comité national sur la prestation des services de santé et des services sociaux en anglais et l'approbation des deux tiers des membres du comité régional concerné, composé d'au moins sept représentants de la communauté anglophone (voir l'article 1519 du projet de loi 15).

La communauté s'exprime : certaines réformes contestées ont été évitées

Nouvelle directive sur les soins de santé

En juillet 2024, le gouvernement du Québec a publié une directive sur les soins de santé exigeant une preuve d'admissibilité à l'enseignement en anglais pour obtenir des services de santé en anglais. La communauté anglophone du Québec s'y est immédiatement opposée, jugeant cette mesure onéreuse et exclusive. Premièrement, tous les membres de la communauté anglophone du Québec ne bénéficient pas de cette admissibilité. Deuxièmement, toute exigence de documentation impose le fardeau de l'obtention du document et de la nécessité de s'en souvenir, ce qui risquerait d'entraîner des retards dangereux et inutiles pour les anglophones, en particulier les aînés.

En réponse aux critiques, le gouvernement a publié une directive mise à jour en septembre 2024, qui a inversé la condition d’éligibilité : les anglophones n’auront pas à fournir de documents pour recevoir des soins de santé dans leur langue ; ils pourront simplement exprimer leur préférence.

Fondations et philanthropie dans le domaine de la santé

On craignait initialement que le projet de loi 15 n'ait d'impact sur la philanthropie en santé, puisque les établissements bénéficiaires de dons seraient intégrés à Santé Québec. Cependant, en réponse aux critiques, le gouvernement a depuis confirmé que la philanthropie ne serait pas touchée par la réforme ; le statu quo serait maintenu.

Autres communautés linguistiques minoritaires

Une autre préoccupation concerne l'effet du projet de loi 15 sur d'autres groupes linguistiques minoritaires. On ignore si, et comment, par exemple, l'Hôpital chinois de Montréal ou l'Hôpital Santa Cabrini pourront fonctionner dans leur langue. En 2024, on craignait que le statut bilingue (français-italien) de l'Hôpital Santa Cabrini ne soit perdu, son nom ne figurant plus sur la liste des établissements bilingues reconnus. Cependant, depuis février 2025, l'OQLF reconnaît les établissements suivants comme bilingues en vertu de l'article 29.1 de la CLF :

  • Hôpital Santa Cabrini (italien)
  • Hôpital chinois de Montréal (chinois)
  • CHSLD Dante (italien)
  • CHSLD Polonais Marie-Curie Sklodowska (polonais)

Nouveaux comités du projet de loi 15

Une tendance récurrente concernant la mise en place de comités est que leurs membres sont choisis par le conseil d'administration de Santé Québec, ce qui entraîne une centralisation du pouvoir entre les mains de Santé Québec et compromet l'indépendance des comités. Cela pourrait avoir pour effet de diminuer le rôle et l'importance des comités.

Le projet de loi 15 crée un nouveau comité national des usagers. Les membres sont nommés par le conseil d'administration de Santé Québec. Cependant, pour être représentatifs des usagers, les membres devraient être nommés sur recommandation du comité local des usagers. Selon le Collège des médecins, Le projet de loi 15 ne fait pas assez pour garantir que la voix des utilisateurs sera réellement entendue. Cela va exacerber la érosion de la participation démocratique des citoyens au système de santé.

Un nouveau comité national de vigilance et de qualité aura pour mandat de surveiller Santé Québec : s’assurer que Santé Québec exerce ses pouvoirs de manière à promouvoir la qualité des services et à respecter les droits des usagers. Cependant, ce comité est nommé par Santé Québec, ce qui signifie qu’il ne bénéficiera pas de l’indépendance nécessaire à un comité de surveillance. Il s’agit là d’un autre exemple de la manière dont le projet de loi 15 centralise les pouvoirs au profit de Santé Québec. La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec a recommandé à l’Assemblée nationale de nommer les membres de ce comité.

Dans l'ensemble, le projet de loi 15 pourrait créer de nouveaux obstacles. Il maintient toutefois le droit aux soins de santé en anglais pour les Québécois anglophones.

Si vous avez d'autres questions sur l'accès aux services de santé et aux services sociaux en anglais au Québec, veuillez nous contacter à justice@talq.ca.

 

Annexe

Liste des établissements et installations de santé désignés, qui offrent tous les services en anglais et en français

Liste des établissements et installations publics désignés

Désignée public les établissements et installations sont regroupés selon la région sociosanitaire.

Certains établissements et installations sont reconnus uniquement par l'Office québécois de la langue française (OQLF), en vertu de l'article 29.1 de la Charte de la langue française. Ils sont identifiés par le symbole *.

Capitale-Nationale

Le seul établissement désigné du Centre intégréuniversitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale :

  • Hôpital Jeffery Hale – Saint-Brigid's

Côte-Nord

Les installations suivantes du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord :

  • Centre multiservices de santé et de services sociaux de la Basse-Côte-Nord
  • CLSC de Blanc-Sablon
  • CLSC de Chevery
  • CLSC de Kegaska
  • CLSC de Mutton Bay
  • CLSC de Saint-Augustin
  • CLSC et CHSLD Donald-G.-Hodd
  • CLSC de La Tabatière
  • CLSC de Rivière-Saint-Paul
  • CLSC de Tête-à-la-Baleine

Estrie

Les établissements suivants regroupés au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie – Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke :

  • Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement de l'Estrie
  • CSSS-IUGS – Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke

Laurentides

Le seul établissement désigné regroupé au Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides :

  • La Résidence de Lachute – Laurentides

Laval

Le seul établissement désigné regroupé au Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval :

  • Hôpitaljuif de réadaptation – Laval

Montréal

  • Centre universitaire de santé McGill (CUSM)

Les établissements et installations suivants regroupés au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal :

  • Centre de soins prolongés Grace Dart
  • Centre d'hébergement Denis-Benjamin-Viger
  • Centre hospitalier de Sainte-Marie
  • CLSC de Pierrefonds
  • CLSC du Lac-Saint-Louis
  • Hôpital général du Lakeshore
  • Institut universitaire de santé mentale Douglas
  • Les centres de la jeunesse et de la famille Batshaw
  • *Hôpital Saint-Anne (uniquement reconnu par l'OQLF)

Tous les établissements et installations regroupés au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal :

  • Centre de réadaptation Lethbridge-Layton-Mackay
  • Centre d'hébergement Père-Dowd
  • Centre d'hébergement Henri-Bradet
  • Centre d'hébergement Saint-Andrew
  • Centre d'hébergement Sainte-Margaret
  • Centre Miriam
  • Centre multiservices de santé et de services sociaux de Parc-Extension
  • CHSLD juif de Montréal
  • CLSC de Benny Farm
  • CLSC de Côte-des-Neiges
  • CLSC et groupe de médecine universitaire Métro
  • CLSC René-Cassin
  • Hôpital Catherine-Booth
  • Hôpital Mont-Sinaï
  • Hôpital Richardson
  • Corporation du centre hospitalier gériatrique Maimonides
  • Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis
  • Maison de naissance de Côte-des-Neiges

Montérégie

Les installations suivantes du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest :

  • *Centre de réadaptation en dépendance Cavendish/ Cavendish addiction readaptation centre (anciennement Foster) (seulement reconnu par l'OQLF)
  • *Centre de réadaptation en dépendance de Saint-Philippe/Saint-Philippe Addiction Readaptation Centre (anciennement Foster) (seulement reconnu par l'OQLF)
  • CHSLD d'Ormstown/Ormstown CHSLD
  • CHSLD du comté-de-Huntingdon/Huntingdon County CHSLD
  • *CLSC de Saint-Chrysostome (seulement reconnu par l'OQLF)
  • *CLSC Huntingdon/Huntingdon CLSC (seulementreconnu par l'OQLF)
  • Hôpital Barrie Memorial/Barrie Memorial Hospital

Outaouais

Les installations suivantes du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais :

  • CLSC de Chapeau
  • CLSC de Mansfield-et-Pontefract
  • CLSC d'Otter-Lake
  • CLSC de Quyon
  • CLSC de Rapides-des-Joachims
  • CLSC et centre de services externes pour les aînés de Shawville
  • Hôpital et CHSLD du Pontiac
  • Hôpital et CHSLD Mémorial de Wakefield/Wakefield Memorial Hospital

Liste des établissements et installations privés désignés

Désignée Privé les établissements et installations sont regroupés selon la région sociosanitaire.

Estrie

  • Foyer du Pays de Galles

Lanaudière

  • CHSLD Heather inc.

Montréal

  • Centre d'accueilHéritage inc.
  • CHSLD Bayview inc.
  • CHSLD Bussey (Québec) inc.
  • CHSLD Château sur le lac de Sainte-Geneviève inc.
  • *CHSLD Vigi de Mont-Royal
  • Havre-Jeunesse
  • Hôpital Shriners pour enfants (Québec) inc.
  • Maison Elizabeth
  • Manoir Beaconsfield

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