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Le 16 septembre 2026

Résultats de l'enquête communautaire TALQ

TALQ a récemment mené une enquête auprès de la communauté anglophone à l'approche des élections du 5 octobre, après avoir consulté les responsables des associations locales. Vous trouverez ci-dessous une analyse des principaux résultats.

Le sondage reflète une communauté anglophone profondément enracinée au Québec et investie dans son avenir. Avec 732 répondants provenant de 16 régions, le sondage offre une large représentation de l’ensemble de la province. Plus de 86 % des répondants vivent au Québec depuis plus de 20 ans, dont près des deux tiers y ont vécu toute leur vie. Cette longévité éclaire d’un jour nouveau les résultats : les répondants ont bâti leur vie au Québec, et leurs préoccupations quant à son avenir – et à la place de la communauté anglophone en son sein – découlent d’un profond sentiment d’appartenance.

Ce sentiment d'appartenance se reflète également dans les opinions des répondants sur le langage. Plus de 95 % des répondants estiment que le français peut être protégé et promu dans le respect des communautés anglophones, dont près de 88 % qui y sont tout à fait favorables. Ces résultats témoignent de l’existence d’une communauté établie de longue date qui conçoit son avenir comme indissociable de celui du Québec – au sein d’un Québec fièrement francophone où ses droits, ses institutions et son dynamisme ont toute leur place.

Les résultats révèlent également une importante distinction de perspective. Lorsque les Québécois réfléchissent aux priorités que le prochain gouvernement devrait leur accorder, leurs besoins quotidiens arrivent en premier. La santé est la priorité dominante (environ 85 %), suivie de l'éducation (environ 58 %). L'emploi, la sécurité financière et l'accès à la justice reflètent également les préoccupations pratiques de la vie quotidienne. En revanche, les priorités liées spécifiquement à l'attention portée par le gouvernement à la communauté anglophone sont moins importantes dans ce contexte.

Lorsque l’attention se déplace des besoins des répondants en tant que Québécois vers ce qui renforcerait leur confiance en l’avenir en tant que membres de la communauté anglophone, la hiérarchie change considérablement. Les priorités liées à la vitalité communautaire se trouvent désormais au premier plan. Une plus grande prise en compte des communautés anglophones dans les processus décisionnels gouvernementaux s'impose comme la priorité absolue, suivie de près par un soutien accru à l'éducation en anglais. Ces deux options se distinguent nettement des autres, illustrant comment les priorités évoluent lorsque les répondants envisagent l'avenir de leur communauté plutôt que leurs besoins quotidiens en tant que Québécois.

Il ne s'agit pas de priorités concurrentes. Ces perspectives reflètent les différentes visions des Québécois et des membres de la communauté anglophone. Dans ce dernier contexte, la reconnaissance de la communauté anglophone, la prise en compte de ses besoins et de ses réalités, un véritable dialogue avec elle et des politiques favorisant sa vitalité prennent une importance accrue. Le contexte détermine les préoccupations prioritaires.

Cette distinction est particulièrement importante compte tenu du niveau de confiance des répondants en l'avenir. Seulement 36.6 % des Québécois se disent très ou assez confiants que les anglophones du Québec peuvent se bâtir un avenir épanouissant et prospérer au Québec, tandis que plus de 61 % se disent peu ou pas du tout confiants. Ce constat s’accompagne d’un écart important dans la perception du gouvernement : seulement 9.9 % estiment que le gouvernement du Québec comprend les besoins et les réalités des communautés anglophones, et à peine 7.5 % croient que leurs préoccupations sont prises en compte dans la prise de décisions gouvernementales.

L’accès aux services est le point de convergence le plus évident entre les deux perspectives. Plus de 97 % des personnes interrogées considèrent l'accès aux soins de santé et à l'éducation en anglais comme important, voire très important, et soutiennent tout autant l'accès en ligne aux services publics essentiels en anglais. Bien qu'il s'agisse de services différents, ces résultats montrent à quel point la langue peut influencer les besoins quotidiens et les interactions des citoyens avec l'administration.

Ces préoccupations sont fondées sur l'expérience. Plus de 75 % des personnes interrogées déclarent avoir fréquemment ou occasionnellement des difficultés à accéder aux services publics en anglais au cours des trois dernières années. Le secteur de la santé est le plus souvent concerné (62 %), suivi des services gouvernementaux essentiels en ligne (50 %) et des services municipaux (48 %). Plus de 67 % estiment également que leur capacité d'accès aux services publics en anglais s'est dégradée par rapport à il y a cinq ans, contre moins de 3 % qui la jugent meilleure.

Le contexte a encore une fois toute son importance. Pour un Québécois, l'accès aux soins de santé peut être une préoccupation immédiate, tandis que la fiabilité de ce service en anglais peut également influencer sa confiance en tant que membre de la communauté anglophone. De même, les services gouvernementaux répondent à des besoins pratiques, mais les décisions et les réflexions du gouvernement ont des répercussions plus larges sur le sentiment de reconnaissance et d'inclusion de la communauté. L'incertitude entourant l'application des exigences linguistiques accentue cette préoccupation : il ne s'agit pas simplement de savoir si un service existe en anglais, mais de savoir si les gens peuvent compter sur son accès lorsqu'ils en ont besoin.

Pris dans leur ensemble, les résultats dressent un tableau cohérent. Il ne s'agit pas de choisir entre le français et l'anglais, ni entre les priorités des Québécois et celles de la communauté anglophone. Il s'agit de reconnaître la vitalité de la communauté anglophone comme faisant partie intégrante de l'avenir d'un Québec fier de ses racines françaises.

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