TALQ fait partie des groupes qui portent le projet de loi 21 devant la plus haute cour du Canada
TALQ, une organisation montréalaise représentant les Québécois anglophones, a comparu devant la Cour suprême du Canada du 23 au 26 mars pour faire valoir que la loi sur la laïcité de la province viole les droits constitutionnels des communautés minoritaires anglophones à gérer leurs propres écoles, dans une affaire qui pourrait redéfinir jusqu'où un gouvernement provincial peut aller en matière de violation des droits garantis par la Charte aux minorités linguistiques.
L’organisme est intervenu dans l’appel contre la Loi 21, une loi québécoise adoptée en 2019 qui interdit à de nombreux employés du secteur public, dont les enseignants, de porter des symboles religieux comme le hijab, la kippa et la croix au travail. Représentée par l’avocat constitutionnaliste Julius Grey, TALQ a plaidé que la loi porte atteinte aux droits collectifs de la minorité anglophone en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. L’organisme a soutenu que l’article 23 protège plus que la langue et que les restrictions imposées par la Loi 21 au personnel scolaire compromettent la diversité culturelle et religieuse qui caractérise les communautés anglophones du Québec.
« L’article 23 est essentiel à la survie et à l’épanouissement des communautés linguistiques minoritaires, et il garantit leur autonomie », a déclaré Eva Ludvig, présidente de TALQ. « Toute mesure qui limite la capacité de ces communautés à gérer leurs établissements d’enseignement, à refléter leur diversité et à transmettre leur culture doit être soumise à un examen constitutionnel rigoureux. »