Les droits des Québécois ne sont pas un jouet politique.
Il y a quelque chose de préoccupant à ce qu'un gouvernement provincial viole deux des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution canadienne – la liberté de conscience et de religion, et la liberté d'expression – et annonce ensuite vouloir rédiger sa propre constitution. Cela laisse présager un document qui divisera la population selon des clivages politiques.
C’est exactement ce qui se passe au Québec.
Le 9 octobre, le premier ministre François Legault a annoncé à la surprise générale le dépôt d'un projet de loi visant à créer une constitution québécoise. Personne ne l'avait vu venir. Personne n'avait été consulté. Mais son contenu est parfaitement prévisible : une « loi des lois » qui place les droits collectifs de la majorité francophone laïque de la province au-dessus de tous les autres.
La plupart des constitutions visent à protéger l'individu contre l'État, mais le projet de constitution du Québec fait l'inverse. Il ne s'agit pas d'une déclaration solennelle des droits inaliénables de l'humanité.